
Élections 2025 : quand Ntoum devient le théâtre d’une comédie électorale
Ce week-end, le Gabon a tenu son double scrutin législatif et local. Les autorités se félicitent d’un « processus exemplaire ». Sur le terrain, c’était plutôt une expérimentation grandeur nature : comment organiser une élection sans matériel, sans scrutateurs, et bientôt sans électeurs.
Des bureaux de vote en mode « surprise party »
À Ntoum, on aurait dit une fête d’anniversaire mal organisée : les invités étaient là, mais pas le gâteau. À l’école publique de Nkan, pas d’urnes, pas de bulletins, pas de listes… bref, rien pour voter. Les électeurs ont attendu des heures et ont découvert une innovation démocratique : voter sans urne, sans bulletin et sans liste électorale. Une première mondiale ! À ce rythme, la prochaine fois, on proposera de voter par télépathie ou par signes de fumée.
Scrutateurs introuvables, mystère digne de Netflix
Autre nouveauté : les scrutateurs accrédités ont mystérieusement disparu. Un vrai épisode de série policière. Les partis hurlent à l’exclusion, et les autorités improvisent une solution : « Chacun ramène son scrutateur ! » On attend encore que quelqu’un propose son oncle ou son voisin comme caution démocratique.
Quand le PDG crie au sabotage
Évidemment, tout ça a fini par dégénérer. Échanges musclés, insultes bien senties et, cerise sur le gâteau, le Parti démocratique gabonais (le PDG, ex-parti au pouvoir), a trouvé le coupable : Comme dans tout bon feuilleton, il fallait un méchant. Une « tentative de sabotage ». On ignore encore si c’est un complot international, des extraterrestres, ou juste une organisation approximative. En attendant, le scrutin a été annulé dans une circonscription. Les habitants devront revenir voter… si d’ici là on retrouve le matériel égaré.

Pour couronner le tout, les résultats tardent à apparaître. et des procès-verbaux difficiles à centraliser, et on obtient un cocktail parfait pour faire lever un sourcil sceptique aux électeurs.
En conclusion :
Alors, oui, dans de nombreuses localités le vote s’est déroulé sans souci majeur. Mais entre urnes invisibles, scrutateurs fantômes et annulations improvisées, la crédibilité du scrutin ressemble désormais à une chaise bancale : elle tient encore debout… mais il ne faut surtout pas s’asseoir dessus trop fort.
Al Mas
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